Jan Verheyen ft. Under the Same Sky
Jan Verheyen porte la marque Binôche depuis des années non pas parce que ça se remarque mais plutôt parce que ça ne se remarque pas. Il affirme ne pas aimer les marques de lunettes ou de vêtements qui affichent le nom de leur créateur. Pour lui, c’est comme une publicité que tu offres à un créateur qui te vend son produit une fortune.
Pour Under the Same Sky, la question posée ne portait pas sur sa motivation à porter des lunettes mais sur sa perception, son regard dans un monde toujours en mouvement.
Cinéma
Sa réponse ne surprend pas: le cinéma .« Depuis l’adolescence, j’ai vu des milliers de films qui ont nourri mon imagination, m’ont emmené vers des lieux extraordinaires, m’ont appris l’histoire, la politique, la condition humaine. C’est ainsi que j’ai appris le langage du cinéma: voir pour mieux regarder et j’en ai fait mon métier. » Ce n’est pas un hasard si un réalisateur résume sa perception à une salle plongée dans le noir et un écran. Ce que le cinéma lui a appris , c’est exactement ce dont parle Under the Same Sky : ne pas se contenter de voir , mais apprendre à regarder.
« Non pas parce que ça se remarque mais plutôt parce que ça ne se remarque pas. »
La famille
Avec qui peut-on être pleinement soi-même, sans devoir s’expliquer ? « Ma réponse est un peu cliché : mon épouse Lien. Elle est ma partenaire, mon alliée, ma complice, ma meilleure amie, ma confidente. Avec notre fille, elle est mon « cocon »: un endroit où je me sens en sécurité, aimé, protégé et c’est ce qui compte le plus pour moi. »
« Prays » par « eats »
La routine, il avoue l’avoir sous-estimée autrefois. « J’en avais peur alors qu’aujourd’hui, j’y suis plutôt attaché. Manger ensemble, par exemple, compte énormément pour moi, que ce soit en famille ou en couple. C’est un moment privilégié.» Il fait référence à un panneau publicitaire américain qu’il a vu un jour : the family that prays together, stays together. Sa touche personnelle: remplacer « prays » par « eats ».
Une autre échelle
Le moment qui l’a le plus marqué est son long voyage en famille, loin du quotidien, il y a quelques années. « A certains moments, j’ai trouvé ça bouleversant comme se tenir au bord du Grand Canyon ou sur les étendues de sel de la Vallée de la Mort. C’est cette confrontation avec sa propre insignifiance qui s’avère utile et émouvante à la fois. Cela aide à relativiser les événements qui nous préoccupent parfois. »
Pour Verheyen, la discrétion de Binôche suit cette logique: pas besoin d’explication ni d’extravagance mais juste quelque chose qui te correspond, qui continue de te correspondre et qui te permet d’être toi.